Paroisse de Saint Théodore et Saint Amé

 

La communauté sise en Suisse se réunit et prie sous le patronnage de Saint Théodore, évêque d'Octodure (Martigny), titulaire du premier siège épiscopal en terre helvétique, avant même Bâle ou Genève. Il fonda la communauté chrétienne primitive dans la vallée pennine (actuellement Valais), et on trouve les restes archéologiques de la basilique épiscopale et du baptistère paléochrétiens sous l'actuelle église de Martigny. Il inventa les reliques de saint Maurice et des légionnaires de la Légion dite "Thébéenne" (que l'on peut encore vénérer en visitant le trésor de l'Abbaye) sur un site situé à l'entrée de la ville de Saint-Maurice, à Vérolliez. Il fut présent au concile d'Aquilée en 381, qui condamna l'hérésie d'Arius, fort répandue à l'époque dans le monde germanique. C'est une des thèses de l'origine du démon qui l'accompagne et le sert, dans sa représentation iconographique. Saint Théodore avait à coeur la confession d'une foi juste, il est notre modèle.

Saint Théodore, précurseur du christianisme en Suisse, était donc tout désigné pour patronner la Communauté Orthodoxe-Helvétique, dont les aspirations sont de restaurer ce christianisme dans ce qu'il a de plus authentique et originel, sans les influences et dérivations diverses qu'il a subies en occident, entre schisme et réforme. C'est un vaste programme qui ne peut être réalisé qu'avec foi en la Providence divine, dans la grande Tradition orthodoxe, héritée de nos pères.


Saint Amé est n
é à Grenoble vers 560 et mort à Remiremont en 628. Il fut pendant 30 ans moine de l’abbaye Saint Maurice d’Agaune, et ermite durant trois ans dans la paroi rocheuse de Sous-le-Scex. Il s'inscrivit ensuite dans la tradition colombanienne et quitta Agaune pour suivre saint Eustaise dans le monastère de Luxeuil. Lors d'une prédication à Metz, il rencontra le comte Romaric. Celui-ci le dota d'un grand domaine et, ensemble, ils y fondèrent deux abbayes, l'une d'hommes, l'autre de femmes (Remiremont - Romarici Mons). Il y établirent l'office perpétuel. Saint Amé vécut ses dernières années dans une grotte profonde où on lui descendait la nourriture au bout d'une corde.

L'orthodoxie selon la doctrine de Jésus-Christ, le christianisme spirituel, se démarque de l'intimité entre pouvoir politique et responsabilité ecclésiastique. Ce fut l'état d'esprit des pères du Jura de saint Colomban, et des pères venus d'Irlande avec lui ou après lui,  pour réévangéliser le continent européen en pleine décadence, et l'Église Orthodoxe Celtique tient à assumer la continuité de cet esprit  : un christianisme simple, axé sur l'essentiel spirituel, sans compromission avec le siècle, sans amertume non plus. Un christianisme qui évolue pourtant au sein du monde, avec foi, patience, et amour du prochain. Un christianisme pour lequel le mot "modernité" n'a pas d'écho au sein de la foi et des pratiques, mais qui utilise cependant les moyens honnêtes mis à la disposition par cette même modernité, tout comme l'ont fait les peuplades celtes des cantons primitifs, qui, passant de l'oral à l'écrit, ont rédigé le fameux pacte de 1291, manifestant par là une alliance plus ancienne et sacrée.
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