Saint Tugdual, ermite de la Sainte Présence
En 1955, un ermite vint s'installer dans un humble bocage breton, au sein du "bois Juhel". L'endroit était marécageux, couvert par les eaux en hiver. Divisé en petits lopins de terre séparés par des haies naturelles, les petits propriétaires qui l'exploitaient élevaient quelques vaches laitières et cultivaient quelques arpents. Un menhir toujours en place, rappelait qu'autrefois, les hommes considéraient cette terre comme un lieu sacré. L'ermite s'appelait le Père Danyel. Il voulut, en ce coin de basse-Bretagne, consacrer sa vie à la contemplation. C'était un homme rude et bon qui rayonnait la joie de l'Esprit-Saint.
Les premiers temps
C'est poussé par l'Esprit-Saint qu'il choisit cet endroit pour y prier Dieu. Les premiers temps, il vécut très pauvrement dans une hutte de branchages. Les habitants alentours lui apportaient de quoi se nourrir. Puis on lui bâtit une petite chapelle en bois. Il dédia son ermitage à la Sainte Présence. Avec le temps, il finit par avoir un ermitage en dur mais il ne put achever la petite chapelle attenante dont on peut encore voir le clocheton et la croix celtique qui le dominent. Autout du prêtre-moine une petite communauté de l'Église Orthodoxe Celtique s'assembla.
L 'évêque-abbé
L'intuition prophétique de cet homme était de restaurer la spiritualité du monachisme celtique et la tradition des évêques-abbés. Il fut élu évêque et prit le nom de Tugdual, l'un des Sept Saints Protecteurs de Bretagne. Le Seigneur le dota de nombreux charismes et dons naturels. Il était poète, prédicateur de talent, connaissait fort bien la théologie et possédait le don de guérison. On venait lui rendre visite, parfois de loin, dans l'espoir d'obtenir des grâces. Beaucoup s'en retournaient exaucés.Il écrivit également, dans une vingtaine de cahiers, de nombreux commentaires de l'Ecriture. Ses enseignements font actuellement l'objet d'une étude en vue de leur publication.
Le saint ermite canonisé
Ayant rassemblé une grande quantité de témoignages sur sa vie, l'Église canonisa le père Tugdual en 1996. Comme de nombreux saints, il avait une personnalité à la fois attachante et déroutante. Il pouvait incarner la rudesse d'un prophète des temps bibliques ou la tendre compassion du Christ devant la misère humaine. Il savait enseigner la parole de Dieu avec l'autorité du théologien ou se conduire en fol-en-Christ sous la mouvance de l'Esprit-Saint. Sa santé était fragile et il savait que sa vie serait brève. Il n'en mena pas moins une vie ascétique où le jeûne et la prière (il récitait le psautier en entier chaque jour) côtoyaient la pauvreté et l'humidité récurente du lieu. Cependant, il souffrit aussi de la part des hommes bien des humiliations et persécutions. Son oeuvre missionnaire connut de grandes adversités, mais il put établir une Église locale et poser les fondations de la grande tradition de l'Église Orthodoxe Celtique.
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Lorsqu'il mourut, le 11 août 1968, à l'âge de 51 ans, miné par la maladie, son oeuvre semblait encore bien fragile. L'ermitage fut abandonné et un épais roncier l'envahit, Il laissait un clergé et un petit troupeau dispersé, mais Dieu veillait sur l'avenir de la fondation.Avant de rendre son âme à Dieu, le saint homme avait reçu la révélation que son oeuvre ne serait pas perdue. Il avait prédit que, dix ans après sa mort, des moines reviendraient relever l'ermitage et fonder un monastère qui continuerait la mission qu'il avait commencée.
"J'ai ouvert devant toi une porte que nul ne peut fermer et, disposant de peu de puissance, tu as gardé ma parole sans renier mon Nom." (Ap 3, 8)
© Église Orthodoxe Celtique, éparchie de Suisse