Saint Nicolas de Flüe, ange du printemps
Publié dans Sainte Présence
Dans les recherches sur les saints, il arrive parfois que les aléas de l'histoire posent aux rédacteurs de calendriers, d'épineux problèmes. Certains saints sont fêtés à plusieurs dates, suivant les époques, les coutumes, les lieux, les Églises locales. Comment résoudre dès lors la question de proposer une date universelle pour la vénération du saint ?
Quels sont les critères qui permettront de se déterminer pour telle ou telle autre date?
Nous avons eu cette aventure récemment avec notre bon saint, Nicolas de Flüe, protecteur de la Suisse, mais aussi rayonnant dans toute l'aire germanique avec sa puissante aura, et bien au-delà, puisqu'on ne compte plus les cars de pèlerins, venus du monde entier se recueillir au Ranft, lieu d'ermitage du saint.
Dans ce cas précis, nous avions à disposition une kyrielle de cinq dates, à savoir: le 21 mars, jour de sa naissance au ciel, le 24 mars, jour de ses funérailles, le 31 mars, jour de l'ouverture de son tombeau et date officielle des Bollandistes, le 15 mai, jour de sa canonisation par le pape de Rome, le 25 septembre, jour de sa fête officielle dans l'Église catholique romaine.
Ces deux dernières dates furent éliminées très rapidement car elles n'étaient pas reliées de façon valable à la vie du saint, mais plutôt centrées sur les aléas humains de sa canonisation.
Le 24 mars n'est pas resté dans les mémoires. Il restait le 31 mars, où le saint fut vénéré dès 1540, et ceci dans l'Europe entière, au détriment du 21 mars, date de sa naissance sur terre (1417) aussi bien que de sa naissance au ciel (1487)! C'est cette primordiale et dernière date du 21 mars qui fut choisie, et en voici quelques raisons, des plus triviales au plus élevés:
- La date de naissance au ciel (si on la connaît) prime sur la date de l'invention des reliques. Dans l'idéal, ces fêtes devraient coïncider, de même que la canonisation, mais c'est loin d'être toujours le cas.
- Dieu a fait grâce au monde de la venue de ce géant de la spiritualité au 21 mars. Il lui a fait connaître qu'Il le rappellerait à Lui en ce même jour où le ciel se réjouit de le voir monter dans la gloire promise.
- Le 21 mars est à la fois une date choisie par Dieu et en plus le commencement du printemps, ce qui correspond à un événement cosmique, sur lequel l'Église calcule la date de la plus importante des fêtes de l'année : Pâques. Voilà qui nous fait entrer au coeur de la théologie de la création, dans l'esprit de nos pères celtes.
En conclusion, dans cet esprit printanier de la Résurrection et pour illustrer spirituellement notre choix de date, nous livrons ici à votre méditation deux des maximes spirituelles les plus profondes du Saint Frère Nicolas de Flüe : "Qui pourrait parler de sa propre sagesse et reconnaître en même temps les miracles de Dieu?", et, "Dieu sait tirer la douceur d'un coeur pur, comme la jeune abeille tire le miel d'une fleur de mai."
P. Dimitri
© Église Orthodoxe Celtique, éparchie de Suisse