La problématique du calendrier

 

Introduction
Le calendrier, lorsqu'il est vécu par une assemblée fervente, est pour le chrétien vivant dans le monde moderne, un point d'appui, une structure pour sa vie quotidienne et spirituelle. C'est le temps, tel que perçu par l'homme vivant au sein du cosmos, qui constitue la raison du calendrier.

Le temps est une création divine, au même titre que le ciel et la terre. Il en est même la clé-de-voûte invisible. Le temps soutien la matière et le mouvement, et il permet aux créatures de mener une vie distincte de l'indifférencié. En ce sens, le temps est saint, car il permet la richesse et la diversité de la vie, don précieux de Dieu, reçu par chacun.

Depuis l'origine, l'homme cherche constamment à se repérer dans le temps. Il a d'abord utilisé les jours et les nuits comme simple unité, puis les lunaisons, enfin les saisons et les années. Ainsi, il a l'impression de savoir "quand" il se trouve, même si sa soif de connaissances lui fait envoyer des téléscopes dans l'espace, afin de mieux mesurer son ignorance des choses célestes.

C'est ce temps, duquel les sociétés primitives n'étaient pas esclaves comme notre société moderne, dont l'homme doit s'affranchir par les meilleures dispositions de l'esprit. Il lui est gracieusement offert, pour accomplir sa destinée. La sanctification du temps constitue le rythme de la vie, de la  vie  spirituelle, la pulsation du coeur de la liturgie. Elle est donc à ce titre primordiale.

De même que nous recevons un corps et un coeur, qui battra le nombre de battements que Dieu aura jugé suffisant pour y exercer le salut de notre âme, de même ce temps est compté pour l'humanité toute entière. Il importe donc de ne pas en gaspiller une miette et de rendre à Dieu les cinq talents" avec le fruit du travail.

Le calendrier est la perpétuelle mémoire de Dieu et de ses oeuvres dans les épisodes de la vie de Jésus-Christ. Il appelle l'homme à la prière quotidienne, à la lecture des Saintes Ecritures, à la contemplation du "grand temps" divin. Il est le souvenir de la sainteté. Celui qui suit le calendrier peut choisir sa liberté, car il connaît la sacralité cosmique et terrestre de chaque jour. Celui qui ne le suit pas, doit subir sa condition d'esclave du temps, du monde et de ses contraintes aliénantes. De plus, l'homme qui a conscience du temps à travers le calendrier, est en communion avec toute l'Église,  avec ses frères et soeurs, sur la terre et dans le ciel, même s'il en est éloigné. Le calendrier n'est pas seulement un guide, c'est un lien.

Beaucoup de chrétiens catholiques et orthodoxes se posent la question du calendrier, des raisons de ses divergences çà et là dans le monde chrétien, et au-delà. Autant d'aires culturelles ou cultuelles, autant de calendriers. Sont-ce là les incontournables écueils de la nature humaine, les conséquences
de la tour de Babel ? Nous essayerons de faire le point sur la problématique du calendrier liturgique, sur les trois formes principales que l'on trouve aujourd'hui dans l'église orthodoxe : l'ancien, le rénové et le nouveau; ceci afin d'éclairer peu ou prou le fidèle, de lui donner quelques connaissances de base, qu'il puisse se forger une opinion.

Explications techniques
Mais tout d'abord, quelques explications sur la référence astronomique solaire et sur le calcul de la date de Pâques, sans lesquelles nos propos ultérieurs pourraient être difficiles à suivre.

Le comput solaire, des origines à la réforme julienne.
Ce sont les Égyptiens, peuple d'agriculteurs, qui décidèrent les premiers d'abandonner le mois lunaire comme base du calendrier. Ils fixèrent la durée du mois à 30 jours, sans plus s'occuper des phases de la Lune, et celle de l'année à 12 mois, soit 360 jours. L'année ainsi définie est alors trop courte de plus de 5 jours, soit environ un mois tous les 6 ans. Pour corriger ce défaut, les Égyptiens ajoutaient 5 jours complémentaires chaque année après la fin du 12e mois. I1 fallut attendre 1461 années pour que l'année se retrouve dans la même position par rapport aux levers héliaques, période pendant laquelle chaque mois passa successivement par toutes les saisons. Cette « année vague », bien qu'imparfaite, fut utilisée en Egypte jusqu'à la conquête romaine.

Le calendrier Julien
Le calendrier romain, ancêtre du nôtre connut bien des vicissitudes avant d'être fixé en 45 avant notre ère, par un décret de Jules César. Il fut à l'origine composé de 10 mois, 4 de 31 jours et 6 de 30, ce qui donnait une année beaucoup trop courte de 304 jours. Janvier et février furent ajoutés sous Tarquin ou Numa, 355 jours étant alors répartis en 4 mois de 31 jours, 7 de 29 et un le 28.
Le premier jour du mois correspondait aux calendes, le 5 ou le 7 aux nones, le 13 ou le 15 aux ides. Cette année, comme celle des Chaldéens ou des Grecs, étant trop courte, les Romains eurent aussi recours aux mois intercalaires: un mois de 29 jours tous les 2 ans. C'est pour remédier au désaccord qui subsistait entre le calendrier et les saisons que la « réforme julienne » fut établie suivant les plans de l'astronome égyptien Sosigène. Elle repose sur l'adoption d'une année de 365,25 jours, soit trois ans de 365 jours et un an de 366 jours. Le jour supplémentaire est ajouté tous les quatre ans après le 24 février (chez les Romains: sexto ante calendas Martii, « le 6e jour avant les calendes de mars ») et est nommé bis sexto ( « le 6e jour bis ») ante calendas Martii, d'où découlent les expressions « jour bissextile » et « année bissextile ». L'année est divisée en 12 mois qui ont alternativement 31 et 30 jours les années bissextiles, février n'ayant que 29 jours les années normales. Ce n'est que plus tard, quand le 8e mois fut dédié à l'empereur Auguste (Augustus, août) qu'on lui attribua 31 jours, pour le rendre égal au mois dédié à Jules César (Julius, juillet). Ce jour fut retiré à février qui, ainsi, a 28 jours les années normales et 29 jours les années bissextiles.

Le calendrier grégorien
C'est le calendrier presque universellement adopté de nos jours. Il diffère peu du calendrier julien. L'année julienne de 365,25 jours est légèrement supérieure à l'année tropique, la différence tant d'environ 3 jours tous les 400 ans. Au XVIe siècle, l'avance du calendrier sur le Soleil était de 10 jours; c'est pourquoi le pape Grégoire XIII, pour retrouver la coïncidence, coupa 10 jours de l'année 1582: à Rome, le vendredi 15 octobre succéda au jeudi 4 octobre- pour éviter à l'avenir un semblable décalage, il fut décidé que les années séculaires désormais ne seraient plus bissextiles, sauf si toutefois leur millésime était divisible par 400 (1600, 2000 2400...). L'année grégorienne moyenne devient alors égale à 365,2425 jours; l'excès par rapport à l'année tropique n'est plus que de 3/10000 soit 3 jours en 10000 ans, ce qui constitue une précision suffisante pour les besoins actuels.

Le calendrier grégorien fut adopté aussitôt par la majorité des nations catholiques romaines - la France pour sa part l'adopta dès le mois de décembre 1582, où le dimanche 9 fut immédiatement suivi du lundi 20 - puis petit à petit, par les autres pays (Grande-Bretagne 1752, Russie 1918, Grèce 1923). On peut le schématiser ainsi: - Les années normales ont 365 jours et sont divisées en 12 mois inégaux: janvier, 31 j; février 28 j; mars, 31 j, avril, 30 j; mai, 31 j; juin, 30 j; juillet, 31 j; août, 31 j; septembre, 30 j; octobre 31 j; novembre, 30 j; décembre, 31 j. - Les années bissextiles ont 366 jours, le jour supplémentaire étant ajouté à la fin du mois de février. Sont bissextiles les années dont le millésime est divisible par 4, à l'exception des années séculaires dont le millésime n'est pas divisible par 400.

 Le début de l'année grégorienne, comme déjà celui de l'année julienne, est fixé au premier jour du mois de janvier. Cela a pour conséquence de rendre variable la date de l'équinoxe de printemps, qui se situe le 20 ou le 21 mars suivant que l'année est bissextile ou non.

 Le calcul de la date de Pâques La date de Pâques, a été fixée, après trois siècles de controverses par le Concile de Nicée en 325. La règle, toujours en usage, est la suivante: « Pâques est le dimanche qui suit le 14e jour de la Lune [pleine Lune] qui atteint cet âge au 21 mars [équinoxe] ou immédiatement après ». D'après cette règle, Pâques peut donc occuper, selon les années, trente-cinq positions dans le calendrier, du 22 mars au 25 avril inclus. Les calculs réguliers de comput ecclésiastique font jouer les tables dites de lettres dominicales, de cycle de Méton (établi en ~432) et de nombres d'or " Lunes juliennes" (calculées par Denys le Petit au VIe siècle), ou, pour le comput grégorien, d'épactes rectifiées (à partir de 1582). Mais il convient de noter que, du fait des irrégularités des mouvements lunaires, la date de Pâques se trouve déterminée par ces calculs non sur la Lune astronomique vraie, mais sur une lune fictive, dite lune ecclésiastique ou calendaire; les écarts de phase ainsi observés, d'un ou parfois deux jours, peuvent entraîner une erreur de détermination de la date de Pâques d'une semaine, ou même d'un mois, dans un sens ou dans l'autre.
Encyclopedia Universalis, édition 1985
 

Le calendrier liturgique
L'Église, suit un calendrier basé à la fois sur le cycle solaire tropique, et sur un cycle luni-solaire pour les fêtes mobiles. Si les fêtes fixes (Annonciation, Nativité, Sainte Rencontre, Transfiguration, Toussaint, fêtes des saints) reviennent exactement à la même date chaque année (selon le calendrier julien ou grégorien), les fêtes mobiles (Ascension, Pentecôte, lectures des évangiles, et par conséquent Carnaval) sont calées sur la date de Pâques. Tout dépend donc de la lune, et de la date de l'équinoxe de printemps, c'est-à-dire du moment où le mouvement apparent de révolution du soleil autour de la terre coupe le plan équatorial de rotation de la terre en passant dans l'émisphère nord. Le calendrier grégorien, astronomiquement plus "exact" à notre échelle de temps, est actuellement en avance de 13 jours sur le julien, et le sera jusqu'en l'an 2100, où ce décalage augmentera d'un jour.

Les calendriers en usage dans l'Église
Il convient de parler d'abord du "vieux calendrier", pour des raisons historiques, mais aussi parce que c'est le calendrier en usage continu depuis le concile de Nicée, sans aucune modification du comput julien. Les fêtes fixes comme Noël ont lieu 13 jours après les fêtes grégoriennes. De même, la date de l'équinoxe du 21 mars est reportée de ce même délai, ce qui a pour effet de placer Pâques à une date radicalement différente de celle en usage dans les pays occidentaux, puisque la pleine lune peut intervenir lors de la période de décalage. C'est le calendrier suivi par les Synodes Byzantins vieux-calendaristes ou paléohymérologistes, Russe, Russe-hors-frontières, Bulgare et Roumaine, qui font opposition aux Églises byzantines modernes au calendrier réformé depuis 1923. C'est d'ailleurs aussi le calendrier suivi par les Églises orientales, Copte, Ethiopienne, etc..., qui
n'ont jamais eu à prendre position sur le sujet et qui n'ont par conséquent aucune variation depuis le concile de Nicée.

Ensuite on trouve des Église, dites du "nouveau calendrier" ou julien réformé, qui suivent les fêtes fixes selon l'ordre grégorien, et les fêtes mobiles selon le comput julien, sous l'influence de l'Église grecque, depuis 1924. La rénovation du calendrier procède d'un esprit d'adaptation au monde
moderne, tout en conservant la lettre du décret de Nicée pour le calcul de la date de Pâques. Ce sonttoutes des Églises byzantines en communion avec le patriarcat de Constantinople, et qui se trouvent majoritairement en occident (France, Benelux, Amérique, Australie, etc...).

Puis on trouve les Église qui ont entièrement adopté la réforme grégorienne, tant pour les fêtes fixes que pour les fêtes mobiles. En effet, Rome, ayant définitivement et quasi universellement redéfini le calendrier, toutes les contrées qui se trouvaient à ce moment crucial de l'histoire sous son immense influence - à la fin de l'empire byzantin et à l'orée de la renaissance - ont suivi le changement sans autre forme de procès. C'est d'ailleurs cette influence qui s'exerça sur les fêtes fixes de l'Église grecque et qui fut à l'origine du changement de 1923, provoquant de ce fait le schisme des vieux-calendaristes. Le calendrier grégorien pur est suivi par l'Église catholique-romaine, par l'Église orthodoxe de Finlande rattachée à Constantinople, par l'Église Catholique-Orthodoxe de France, par de nombreuses paroisses occidentales du Patriarcat d'Antioche en Amérique et par notre Église.

Qui a raison?

 

La règle du Concile de Nicée demande deux choses : 1) Dans l'esprit : que tous les chrétiens fêtent Pâques à la même date en signe d'unité (et si possible bien entendu les fêtes fixes). 2) Dans la lettre: que la date de Pâques serait désormais calculée selon l'exactitude astronomique de l'époque, établie par l'Église d'Alexandrie (actuelle Église Copte). A la lumière de cette explication, il est clair que le jeu politique de l'Église catholique-romaine au XVIe siècle fut une faute majeure au regard de l'esprit de Nicée, qui prime sur la lettre. Seul un Concile Oecuménique pouvait changer le calendrier, surtout à une époque où le rôle joué par l'Église dans la société était prépondérant.

Malheureusement, à la suite du schisme de 1054, Rome, revendique l'exclusive autorité oecuménique. Le dialogue sur ce plan reste pour le moment un dialogue de sourds. Malgré tout, depuis le temps, l'usage du calendrier grégorien s'est généralisé dans le monde occidental, sauf pour les Église orthodoxes de la diaspora, qui gardent une fidélité exclusive aux traditions de leurs églises nationales respectives.


 

En conclusion
Ces questions de calendrier n'ont pas de réponse simple.

L'argument du nombre est à rejeter,car, en matière d'Église, les chiffres et les statistiques ne sont pas de grande valeur. De plus, si l'on parle de nombre, qui est investi d'une autorité suffisante pour déterminer le plus grand nombre ?

L'argument pratique, pour des questions de vacances des enfants lors des grandes fêtes, trouve un écho pastoral, avec le désavantage d'avoir à lutter contre la massification commerciale des reliquats sociologiques de ces fêtes et le danger d'assimilation à l'esprit du monde, voire de devoir se défendre d'une suspicion très "orthodoxe" d'inféodation coupable au Pape de Rome.

L'argument de la fidélité absolue à la Tradition est entaché par les scandaleuses querelles des zélotes, qui n'en finissent pas de se séparer les uns des autres et d'en enfanter de nouveaux synodes, affaiblissant le témoignage chrétien. De leur côté, les structures ecclésiales rigides et lourdes conservent l'ancien style par impossibilité de changer souffrent de l'excès contraire, un immobilisme étouffant. D'ailleurs pourquoi changer?

L'argument scripturaire (et par conséquent astronomique) garde lui toute sa valeur ontologique et pratique : le respect de la marche des luminaires, qui dictent le temps de Dieu, donc le temps cosmique, lequel est manifesté dans le monde par le rythme des saisons, est justifié par le récit de la création Gn1:14-19. C'est peut-être le meilleur des arguments. C'est d'ailleurs celui qui prévaut dans la proposition d'Alep qui propose un calcul astronomique, en prenant les astres vrais et la référence du méridien de Jérusalem (on ne saurait mieux proposer) pour une observation nicéenne de la date de Pâques, et bien entendu des fêtes fixes à la date solaire exacte.

Pour ceux qui n'ont pas de raisons historiques de faire comme ceci plutôt que comme cela, l'affaire resterait finalement une question de choix.

Finalement, si l'on part du principe que l'Église est le Corps du Christ, ce qui reste tout de même un point incontournable, celui qui a raison est celui qui choisit de suivre le calendrier de l'Unité, à savoir : (1) adopter une attitude humble sur ce plan, sachant que nous avons tous péché ; (2) faire la promotion de l'unification des calendriers, et surtout de la Pâque ; (3) être prêt à tout instant à renoncer à ses habitudes ou à ses choix si un bien plus grand peut en sortir et surtout si c'est la Volonté de Dieu.
 

Notre position
N'étant pas rattachés juridiquement à une Église patriarcale , qu'elle soit catholique-romaine ou orthodoxe, étant une Église orthodoxe purement occidentale oeuvrant pour le rétablissement des saintes valeurs sur ce continent, ayant pu choisir consciemment notre rythme, ayant pesé le poids de la règle, de l'esprit et de la lettre, de l'histoire, de la Tradition, du cosmos, de la sainte obéissance, de devoir et du droit, des besoins des âmes et de l'urgence des temps, l'Église Orthodoxe Celtique choisi de suivre le comput grégorien pour le temps liturgique, faute de mieux.

Ce choix restera valable tant que le plérôme de l'Église n'aura pas retrouvé une unité de comportement, par exemple en suivant la proposition d'Alep, ce qui obligerait chaque Église à faire un pas vers l'unité, abandonnant avec humilité une position campée, pour le plus grand bien de tous.

Nous ne portons aucun jugement et respecterons toujours le choix de ceux qui ont d'excellentes et vénérables raisons de faire autrement que nous, quels qu'ils soient.

Nous prions Dieu pour que le poids de nos erreurs à tous ne soit pas cause de scandale pour les petits enfants de Dieu, ni cause d'aigreur et d'acédie pour les frères dans le Christ, répandus dans  le monde qu'Il a créé pour que tous puissent y vivre en paix Son Saint Evangile pour leur propre  salut.

Nous prions et continuerons à prier pour qu'un jour, il se trouve une autorité suffisamment juste, puissante et sage, pour régler en paix ce différend parmi tant d'autres, et que la  prière de Jésus au jardin de Gethsémani trouve dans les Églises - conduites par les hommes toujours et par  le Saint-Esprit parfois - un écho fédérateur, qui pourra alors témoigner avec fierté au monde entier du respect de la valeur sacrée de l'héritage reçu et à transmettre.

Père Dimitri
Pour ceux que la question intéresse plus à fond, lire P.Courderc, Le Calendrier, collection "Que sais-je?", Paris, 1946. On peut aussi consulter l'article suivant écrit par le CNRS.

Vers une date commune pour la célébration de Pâques, Consultation organisée par le Conseil oecuménique des Églises (COE) et le Conseil des Églises du Moyen-Orient. (CEMO), Alep, Syrie, 5-10 mars 1997. in Supplément du SOP n° 218, mai 1997.

 

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